L'investissement focalisé

Publié le par Y. AUFFRET

L'investissement focalisé consiste à sélectionner un petit nombre de valeurs, choisies pour leurs grandes qualités intrinsèques, à les acheter à un prix raisonnable, et à les garder contre vents et marées, idéalement ad vitam aeternam. Cette stratégie, qui est à même de procurer des retours sur investissement supérieurs à la moyenne, est l'antithèse de l'adage populaire qui prétend "qu'il ne faut pas mettre tous ses oeufs dans le même panier". Ici au contraire, on met tous ses oeufs dans quelques paniers que l'on connait bien et on surveille de très près ces paniers.

 

En substance, il s'agit d'endosser l'habit de ce que nous considérons comme le véritable investisseur : une personne qui voit les actions comme de tout petits morceaux de superbes entreprises, dont il apprécie les produits ou services, dotées d'un management honnête et compétent qui se soucie de l'actionnaire minoritaire, qu'il admire et en qui il a toute confiance. Cette sélection suppose un minimum de connaissances en comptabilité, finance d'entreprise et microéconomie. Quant aux mathématiques, un niveau de classe de seconde suffit amplement.

 

Voilà alors notre investisseur prêt à prendre une participation industrielle et à accompagner le développement de cette affaire extraordinaire pendant longtemps. Il possède l'avantage inestimable d'être immunisé aux caprices du marché, car il sait la valeur de son investissement

 

Car à la fin, les cours cotés en continu ne sont là que comme une commodité, soit la possibilité de "sortir" à tout moment, et ne sont pas une indication de la valeur réelle de l'action, dont le sous-jacent, l'entreprise, a une valeur souvent bien différente.

 

Comprenons-nous bien : cet investissement, à la manière d'un industriel, est aux antipodes de la spéculation, trop souvent associée à la bourse. Il n'est pas adéquat pour la plupart des gens, car il implique d'encaisser psychologiquement des chocs boursiers de l'ampleur de celui que nous avons connu en 2008-2009, avec son cortège de moins-values potentiellement dévastatrices pour le capital investi. Il suppose aussi, si l'on croit en le long terme, deux pré-requis : la confiance en l'avenir et d'avoir le temps devant soi.

 

Finalement, nous sommes persuadés que les récompenses peuvent être à la hauteur des plus patients, tant en termes de plus-values que de dividendes.

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