Achetez quand le marché surréagit aux mauvaises nouvelles...

Publié le par Y. Auffret

 

 

 

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La peur est votre amie, le court-termisme des spéculateurs aussi.

 

La volatilité des indices et des valeurs sous-jacentes a depuis toujours pu être comparée à un baromètre de la psychologie des foules. Plus le sentiment des masses tend vers les extrêmes (avidité/euphorie, peur/déprime), plus le marché devient volatile, surréagit aux nouvelles, et produit des inefficiences donnant de notre point de vue des occasions d'achat sur des valeurs de qualité, les seules qui doivent nous intéresser, précisons-le.

 

Nous ne nous attarderons pas ici plus que nécessaire sur cette notion de valeur de qualité, mais au travers de quelques exemples indiquerons ce que nous faisons et ce que nous ne faisons pas.

 

Commençons par ce que nous ne faisons pas.


Nous n'achetons pas de titres d'entreprises que nous ne considérons pas comme extraordinaires. Il existe en effet des actions complètement bradées en ce moment mais qui, soit ne connaîtront jamais les taux de croissance qui sont ceux que nous cherchons, soit, et cela est plus grave, sont déjà en situation de concurrence telle que leur avenir est au mieux médiocre, et au pire menacé par la faillite pure et simple.

Prenons quelques exemples au sein du CAC40.

 

Dans la première catégorie, croissance (très) lente, nous classons des valeurs institutionnelles telles que Vivendi et France Télécom, GDF et EDF, Carrefour, etc.

Dans le second cas, où la croissance pose problème et rend les perspectives médiocres, voire inquiétantes, nous mettons Peugeot et Renault, Alcatel-Lucent (4 exercices déficitaires sur 5...), etc.

Enfin dans le dernier cas, nous voyons Air France (les compagnies low-cost, et les compagnies du Golfe profitant de leur accès à un kérosène très bon marché sont deux modèles aux avantages concurrentiels par les coûts qui font très mal à Air France) ou Technicolor, pour n'en citer que deux.

 

Aussi bas seront les prix de ces valeurs, nous ne les achèteront pas. Tout simplement parce que le risque de perte permanente en capital (que nous définissons comme le risque de faillite du sous-jacent - l'entreprise cotée - ou son achat à un prix que l'on ne reverra jamais) est trop important, surtout s'agissant des deux dernières catégories.


Achetez des entreprises qui vont augmenter leurs bénéfices.

 

Il vaut bien mieux selon nous acheter, même cher (pas trop quand même) des entreprises de qualité. Ce sont celles qui, même en cas de crise extrême type années 30 ou guerre, portent le risque le plus faible de perte permanente en capital, y compris lorsqu'elle sont acquises à un prix élevé. Dans ce dernier cas, ce sera la rentabilité de votre investissement qui sera impactée défavorablement.

Ces valeurs de croissance doivent partager au minimum deux caractéristiques pour entrer dans cette catégorie prometteuse : des bilans en béton et des ratios d'exploitation et financiers élevés (marges à deux chiffres,  ROE > 15 %) observés sur très longue période (5 ans, voire 10 ans).

Ces deux points vous indiquent une probable position dominante de ces entreprises dans leur marché. Si les perspectives à long terme sont favorables, c'est-à-dire si votre connaissance du secteur vous donne à penser que les atouts concurrentiels de l'entreprise sont puissants et maintiendront encore longtemps la concurrence à distance, il y a alors tout lieu de croire que vous tenez là une action à conserver ou à acheter pour le long terme.

Avec le temps, vos connaissances et vos lectures auront accumulé suffisamment d'indices pour "faire le tri" et ne retenir qu'une poignée d'entreprises passant ces tests et vous donnant envie d'entrer à leur capital pour partager leur destin économique, et partant leur cours de bourse, sur longue période.

C'est notre définition de l'investisseur.

Cette liste de sociétés de qualité devra indiquer les niveaux de prix auxquels vous souhaitez vous porter acquéreur.


Vous êtes maintenant prêt. Il n'y a plus qu'à attendre une réaction excessive du marché, soit de manière généralisée, sot liée à une ou des mauvaises nouvelles concernant l'une de vos sociétés préférées.

 

Nous allons à présent évoquer deux cas précis pour illustrer notre propos : Vallourec (VK) et Faiveley Transport (LEY).

 

Vallourec.

 

Depuis l'annonce le 10 mai des retards et surcoûts liés au démarrage et à la montée en puissance de deux nouvelles unités de production stratégiques aux USA et au Brésil, le titre est passé de 42 € à 31 €, soit une baisse d'environ 25 % en trois semaines.


Précisons dès l'abord que nous ne sommes pas acheteurs de Vallourec, qui pour mémoire, produit des tubes en acier sans soudure nécessaires (entre autres) à la production de pétrole et de gaz, notamment pour des champs situés à grande profondeur. Nous ne connaissons en effet pas suffisamment la société.

En revanche, nous pensons que, à chaque fois que se produit ce type d'évènement (sanction du marché), caractérisé par des retards imprévus, des surcoûts, des baisses de marges, des erreurs dans la gestion de nouveaux projets, des fautes de communication du management, se crée une occasion d'achat potentiel à un prix probablement attractif.

Quand la société déçoit, que le management n'est plus en odeur de sainteté, et alors que la communauté financière tout entière n'a plus confiance dans le titre, se produit immanquablement un effondrement plus ou moins prononcé des cours de bourse.

Or, s'il s'avère que les déboires rencontrés par l'entreprise sont de nature temporaire et qu'une situation financière solide ainsi que des décisions énergiques vont lui permettre de retrouver son ancienne profitabilité et son ancien statut de valeur de croissance appréciée par le marché, et que par ailleurs elle passe nos tests avec succès, il y a tout lieu de penser que le cours, après un plongeon plus ou moins durable, retrouvera les niveaux d'où il est tombé avant que de les dépasser.

 

Pour ceux qui seraient connaisseurs de l'entreprise Vallourec, nous pensons que ce qui se passe depuis trois semaines correspond tout à fait à la situation que nous venons de décrire.

 

Un autre de ces exemples d'occasion d'achat peut être donné avec Faiveley Transport, titre sur lequel nous nous sommes portés à l'achat pour 150 actions à un cours d'environ 42 € à la fin du mois d'avril.

 

Faiveley Transport.

 

Le 26 avril en effet, l'action chutait dans de gros volumes à partir d'un cours de 51 € pour clôturer ce jour-là vers 44 €.


Or que s'est-il passé exactement ?


Le groupe a annoncé "une baisse de l'ordre de 3 points de marge sur l'exercice, principalement en raison de problèmes d'exécution dans l'unité de portes palières en Chine, ainsi que, dans une moindre mesure, en raison de la chute d'activité sur les marchés chinois et espagnols." (Source : communiqué Faiveley Transport du 26/04/2012)


N'est-on pas là encore dans la situations que nous décrivions quelques instants auparavant ?

Le titre cote aujourd'hui à 35 € pour une baisse de 30 % depuis cette annonce. Depuis les plus hauts enregistrés à 71 € début avril 2011, il s'agit donc d'une chute du cours de bourse de 50 %.

Ainsi notre connaissance de cette entreprise, que nous suivons depuis plusieurs années, remarquable en tout points, alliée à cette sanction excessive, nous a-t-elle donné une opportunité d'achat comme nous les aimons.

 

Notre raisonnement a été le suivant : Faiveley est un leader mondial dans son activité (équipements ferroviaires, cf article ici), en l'occurrence une niche en croissance protégée par des barrières à l'entrée technologiques, de savoir-faire et d'exigences de qualité et de sécurité. Sa situation financière se caractérise par un bilan solide, son business model est peu capitalistique et génère beaucoup d'excédents de trésorerie (free cash flow) qu'il utilise pour réaliser de petites et moyennes acquisitions dans son métier, confortant ainsi ses parts de marché. Le carnet de commandes est à un plus haut historique, en croissance de plus de 10 % par an pour la sixième année consécutive. Il représente désormais, au 31/03/2012, plus de 22 mois d'activité.

Si, comme nous le croyons, la position concurrentielle de Faiveley et son management de qualité vont bel et bien lui permettre de restaurer ses marges, et plus encore si, comme nous l'anticipons, la nouvelle organisation de la production, du marketing et des ventes en systèmes intégrés plutôt qu'en produits, mise en place par la nouvelle direction l'année dernière va à moyen terme déboucher sur une augmentation de ces mêmes niveaux de marges, et si l'on considère enfin que l'accumulation des commandes en carnet va en définitive effectivement se traduire en chiffre d'affaires, suivant en cela l'habituel décalage entre commandes et livraisons, alors nous avons tout lieu d'être raisonnablement optimistes sur le devenir de cette entreprise. Cela se traduira à moyen terme par de nouveaux records de bénéfices et de nouveaux plus-hauts sur les prix enregistrés par ses actions.

 

Quoi qu'il en soit, après publication des résultats annuels 2011/2012 (exercice décalé clos au 31/03/2012) qui seront dévoilés le 07/06, et observant la réaction du marché à cet égard, nous envisageons l'achat de titres supplémentaires, à la différences de plusieurs fonds d'investissements professionnels dont nous avons noté les mouvements de vente, avec surprise s'agissant de l'un d'entre eux, ayant en mémoire les propos de son gérant, très enthousiaste sur la valeur lorsque tout allait bien...

 

Position mise en portefeuille en avril 2012.

Nombre d'actions en portefeuille : 150.

Poids dans le portefeuille : 7,9 %

 

A bientôt.

 

Y. AUFFRET

Publié dans Généralités

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Titres boursiers 03/10/2012 09:51

Très bon article de votre part...Cela me permet de trouver un bon endroit merci

Thomas 17/06/2012 09:48

Interessant. On devrait vraiment vous lire plus souvent!

Ceci mis a part, qui imaginerait Peugeot faire faillite? Le dossier est trop politique!

Y. AUFFRET 17/06/2012 10:30



Certes cela paraît improbable, mais ce n'est pourtant pas impossible au vu du bilan et en cas de récession profonde. L'arrivée d'un concurrent américain au capital avec de l'argent frais a
éloigné la perspective d'une faillite, mais l'urgence de la situation est cependant apparue au grand jour, me semble-t-il.


Je ne suis pas acheteur du secteur automobile, mais si je devais choisir je prendrais plutôt du BMW ou du Volskwagen.