Buy and hold (ou la stratégie d'achat-conservation)

Publié le par Y. AUFFRET

Ne multipliez pas les allers-retours ! La stratégie qui consiste à "butiner de fleur en fleur" de manière régulière est coûteuse. Les frais de courtage - encore eux ! - viennent grignoter votre rendement sans que vous vous en rendiez compte, à chaque ordre que vous passez.

 

Garder un titre de qualité entre 5 et 10 ans minimum, devrait vous procurer une rentabilité confortable, de l'ordre de 9 à 10 % par an en moyenne, répartis à peu près à parts égales entre l'appréciation des prix et les dividendes encaissés.

 

Bref, diminuez le taux de rotation de votre portefeuille, c'est-à-dire le remplacement d'un titre par un autre, vous augmenterez votre performance à long terme. De plus, en agissant de la sorte, en sachant que lorsque vous "cliquez" pour acheter vous garderez pendant longtemps, vous vous obligez à mûrement réfléchir avant d'investir. Et plus vous réfléchissez (lire, faire des recherches, etc.), plus vous diminuez votre risque : un mauvais achat et/ou un mauvais prix.

 

Enfin, les grosses plus-values se forment dans la durée. Se fixer des règles comme vendre après un gain de 20, 30 ou 50 %, ne laisse généralement pas à une action de qualité le temps d'exprimer tout son potentiel, lié, je le rappelle, à la performance économique de l'entreprise sous-jacente.

 

Ainsi auriez-vous pu, par exemple, souscrire à l'introduction en bourse de bioMérieux en 2004, à un prix de 30 € par action, et pu réaliser une plus-value de 50 % pour un cours à 45 € moins de 2 ans plus tard.

De ce fait, vous ne seriez pas en plus-value latente de 176 % aujourd'hui, pour un cours à 83 €, et vous auriez manqué les 3.47 € par action servis sous forme de dividendes entre 2007 et 2011, soit 11 % de plus à ajouter à votre rendement global par rapport à votre investissement initial (3.47 / 30 € = 11,5 %).

 

Alors plutôt que d'essayer de battre le marché à tout prix (comme tentent de le faire les gérants de portefeuilles professionnels, sans y parvenir sur longue période pour 90 % d'entre eux), qu'on se le dise : le buy and hold n'est pas mort !

Publié dans Boursacadémie

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