VICAT

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Vicat est un groupe cimentier fondé en 1853. Son histoire pluriséculaire liée à celle de la famille fondatrice éponyme témoigne d'une gestion qui a su faire la preuve de son adaptabilité aux différentes époques traversées et de sa solidité face à l'adversité. L'internationalisation et un développement des activités vers l'aval dans le béton et les granulats à partir des années 80 ainsi que la possession d'une petite activité dans la chimie du bâtiment, le transport et le papier (sacherie notamment) parachèvent l'évolution de la société par une intégration verticale complète.

 

Aujourd'hui, la septième génération est aux commandes d'un groupe d'environ 6500 collaborateurs, qui est présent dans onze pays pour un chiffre d'affaires de 2 Millards d'euros.

 

Pointant loin derrière les mastodontes que sont Lafarge, Holcim, Cemex ou Heidelbergcement, Vicat est de fait un acteur de taille moyenne au niveau mondial.

 

 

 

Le groupe appartient au secteur des matériaux de construction, réputé cyclique, dépendant non seulement de la bonne santé de l'économie mais également des facteurs climatiques. En outre l'industrie du ciment est gourmande en capitaux (un point négatif pour l'investisseur) et fortement impactée par les prix du pétrole, du gaz et de l'électricité qui se répercutent sur ses coûts énergétiques et de transport.

 

En revanche, le secteur connaît de fortes barrières à l'entrée. Le ciment, produit localement et coûteux à transporter est peu menacé par les importations : le rapport poids/valeur rend le coût de transport discriminant dans la formation des prix de revient. Il en résulte la création de mini-monopoles régionaux autour d'une cimenterie, en général dans un rayon de 150 à 250 km.

 

Par ailleurs, les coûts de fabrication d'une usine sont relativement élevés, dépassant souvent les 100 millions d'euros pour un million de tonne de capacité de production (hors investissement dans une flotte de transport), limitant l'arrivée de nouveaux entrants ne disposant pas d'une surface financière suffisante. Un phénomène qui se traduit sur les marchés matures par une concentration du secteur autour de quelques entreprises bien établies, à tel point qu'on a pu parler parfois de cartel.  Ainsi en est-il du marché français partagé globalement entre quatre grands acteurs : Lafarge, Ciments Français (filiale d'Italcementi), Calcia et Vicat.

 

Enfin, troisième élément constitutif de cette barrière à l'entrée : les carrières de calcaire et de granulats. Indispensables à la fabrication du ciment et du béton prêt à l'emploi (BPE), elles sont devenues un actif précieux, du fait des difficultés administratives et juridiques d'ouverture et de fermeture (normes environnementales de plus en plus strictes et contraignantes) d'une part, du fait de leur relative rareté d'autre part.

 

 

 

Un autre atout de cette industrie est sa capacité à relever ses prix, ne serait-ce qu'en répercutant les hausses de tarifs énergétiques auxquelles elle doit faire face. En effet, Vicat étant intégré verticalement ne subit aucune pression des fournisseurs car il est son propre fournisseur : il n'achète pas de matières premières puisqu'elles lui appartiennent. Il les exploite et les transforme.

En revanche il doit gérer la pression concurrentielle. Car le ciment peut être considéré comme une "commodities", c'est-à-dire que rien ne ressemble davantage à un sac de ciment qu'un autre sac de ciment. En d'autres termes, le marché se fait essentiellement par le prix. Dans la chaîne de valeur, cela donne un certain pouvoir au consommateur.

En réalité, comme on l'a vu plus haut, il est le plus souvent impossible de recourir à des importations massives, ce qui rend les consommateurs captifs des usines locales dans un rayon de 150 à 250 km.

 

Cela se complique lorsque plusieurs acteurs ont des capacités de production importantes voisines les unes des autres se partageant un même marché. Le risque de surcapacités entraîne ipso facto un risque de baisse des prix pour les producteurs au profit des clients. L'avantage concurrentiel va alors à celui qui maîtrise ses coûts de revient pour proposer le produit le plus compétitif. C'est un art dans lequel Vicat excelle, comme je le montrerai lors d'un prochain article consacré à l'analyse de ses agrégats financiers comparés à ceux de ses deux rivaux français côtés (LG et CMA).

 

 

 

Les perspectives du secteur sont quant à elles structurellement porteuses. En effet, la croissance démographique couplée à une urbanisation inéluctable, la pénurie d'infrastructures dans les pays émergents, donnent la mesure du potentiel et de la visibilité de cette industrie, que la crise de 2008-2010 ne remet absolument pas en cause à moyen et long terme.

 

Pour conclure, avec un produit indispensable aux multiples usages, un pricing power local, un marché difficile à pénétrer et des actifs recherchés, l'industrie du ciment représente à mon avis une franchise solide, c'est-à-dire une activité disposant d'importantes barrières à l'entrée lui permettant de prospérer sur le long terme en engrangeant des bénéfices substantiels. A ce titre elle constitue selon moi un investissement désirable.

 

On peut alors s'interroger sur l'attrait de Vicat par rapport à ses comparables côtés eux aussi en bourse. Cela fera l'objet d'un prochain article.

 

A bientôt.

 

Y.

 

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