Faiveley transport : un équipementier ferroviaire incontournable à (re)découvrir

Publié le par Y. Auffret

 

 

 

 

faiveley logo

 

 

 

 

Une société familiale positionnée avec succès sur une niche du marché ferroviaire.

 

Créée en 1919, cette société est toujours détenue par la famille fondatrice éponyme à hauteur de 53 % du capital. Pour un cours à 47 €, la capitalisation boursière tourne autour de 680 M€. Il s'agit donc d'une midcap.

 

Acteur du secteur ferroviaire, Faiveley transport est plus particulièrement un concepteur et un intégrateur de biens d'équipements nécessaires à la construction des wagons et locomotives, mais aussi des métros et tramways.

 

Ses domaines d'intervention sont très ciblés : freins/coupleurs, climatisation/chauffage, portes intérieures et extérieures, électronique embarquée, systèmes d'informations, pantographes principalement. Le catalogue de produits est le plus large parmi les concurrents.

Cette activité fournit 2/3 du chiffre d'affaires, le tiers restant étant du à la maintenance et à la réparation. Il s'agit d'une partie très récurrente et très profitable du business de Faiveley.

Le groupe occupe dans cette niche du marché des équipements ferroviaires des positions de n°1 à n°3 mondial.

 

Les moteurs de la croissance : démographie, urbanisation, développement durable.

 

Les perspectives à long terme du secteur apparaissent favorables : des tendances lourdes se dessinent, telles que l'augmentation du nombre de projets de métros et tramways liée à l'urbanisation mais aussi à la montée en puissance de l'aspect environnemental du transport par rail. Le train est le transport propre par excellence, notamment si on le compare au camion. En outre, l'augmentation prévisible du prix de pétrole joue en faveur du transport ferroviaire, dont on redécouvre ainsi les vertus écologiques et économiques.

 

Des barrières à l'entrée qui rendent incontournable le leader.

 

Concernant l'entreprise Faiveley transport elle-même, elle jouit de barrières à l'entrée qui lui permettent de tenir la concurrence à distance. On peut les résumer au niveau d'exigence de qualité et de fiabilité des pièces demandé par les donneurs d'ordre, dans un métier où le défaut de fabrication peut entraîner de lourdes conséquences en termes de vies humaines. L'accident survenu en Chine à l'été 2011 est là pour en témoigner.

 

De fait, le savoir-faire difficilement copiable, les produits technologiques à haute valeur ajoutée renouvelés de manière régulière protégés par un entrelacs de brevets et la réputation de qualité de Faiveley transport ne sont plus à démontrer. Ils ont comme conséquence une croissance continue du carnet de commande, ce qui assure une visibilité sur l'activité assez appréciable, surtout en ces temps de conjoncture incertaine.

 

Carnet de commande (M€)


2001 2003 2005 2007 2009 2011 30/09/2011
305 365 665 814 1055 1453 1614

 

Ce carnet de commandes représente 30 mois de chiffre d'affaires pour la partie première monte, et 8 mois de chiffre d'affaires pour l'activité services.

 

Fort de ces atouts concurrentiels, le groupe est devenu un fournisseur incontournable pour Siemens, Alstom, Bombardier et les compagnies nationales de chemin de fer. Le niveau des marges, en progression, confirme ce statut d'acteur dont on entend peu parler, mais dont on ne peut dans les faits pas se passer. Et se rendre indispensable est très utile quand on veut augmenter ses prix. De fait, Faiveley est plus profitable que ses clients : il capte la plus grosse part de la chaîne de valeur.

 

L'internationalisation esr en marche.

 

Quant au positionnement géographique, Faiveley a déjà bien entamé son internationalisation, la France ne représentant plus qu'un cinquième des revenus aujourd'hui. Un phénomène qui semble s'accélérer ces dernières années tant du fait de la croissance organique, dans les pays émergents surtout, que du fait des acquisitions, puisque depuis 3 ans, 50 % d'entre elles ont concerné des entreprises extra-européennes.

 

Répartition du CA par zone géographique

 

  2008 2011
Europe (dont France) 83 % (28 %) 61 % (22 %)
Amériques 4 % 9 %
Asie-Pacifique 13 %   30 %

 

 

Un historique d'opérations de croissance externe créatrices de valeur.

 

A propos de la croissance externe, c'est une des marques de fabrique de Faiveley que de procéder régulièrement à des acquisitions. Nous avons déjà évoqué lors d'un article sur Thermador groupe notre préférence pour la croissance organique. Cela ne signifie pas que nous soyons totalement averses à la croissance externe. A la double condition, réunie ici, qu'il s'agisse d'acquisitions de tailles petites et moyennes et réalisées dans le même segment de marché, pour consolider le leadership sur une gamme de produits.

A partir de là il n'y a aucune raison pour que des acquisitions sélectives bien intégrées ne créent pas de valeur. Ainsi, depuis 2004, Faiveley a procédé à 10 opérations de croissance externe, pendant que, de 2001 à 2011, les bénéfices ont été multipliés par 7. Le cours de bourse a cru de manière plus forte encore, en parallèle à l'appréciation du PER, passant d'un bas de 2€ environ en 2001 à un haut de 70 € au printemps 2011, avant de refluer aujourd'hui vers les 50 €. Il s'agit donc d'un "25 bagger", comme dirait Peter Lynch, pour ceux qui ont conservé leurs titres sur la période.


Bien sûr, il serait naïf de croire que la décennie entamée verra se reproduire la même performance. Néanmoins, le moins que l'on puisse dire, c'est que Faiveley a fait la preuve de la solidité de son business model au cours de la fameuse "décennie perdue"..


A cette aune on ne peut que constater la valeur du management, que l'on parle de la famille Faiveley, ou de son ancien président du directoire pour la période 2005-2011, Robert Joyeux. Il ne fait aucun doute que le nouveau Président du directoire et DG Thierry Barel aura à coeur de faire au moins aussi bien. C'est un point qu'il faudra néanmoins surveiller.

 

Les cadres dirigeants achètent.

 

Quoi qu'il en soit, depuis la chute du titre à partir de ses plus hauts historiques à 70 € en avril 2011, les cadres dirigeants achètent, ce qui est souvent un signe positif.

En l'occurrence, T. Barel, DG, a acheté à 47 € pièce pour 20 000 € d'actions le 19/8. Le directeur administratif et financier Guillaume Bouhours a acquis 1 000 actions à des cours compris entre 60 et 42 € entre le 27/7 et le 18/8. Enfin le 26/9, François Feugier, directeur opérationnel groupe, a acquis 150 titres à 42 €.

Ces mouvements, même s'ils sont peu significatifs en valeur absolue au regard de la capitalisation de Faiveley, n'en démontrent pas moins la confiance dont témoignent les acteurs les plus au fait des perspectives de l'entreprise.

 

Un nouveau management qui doit convaincre, une avance technologique à préserver.

 

Deux points seront à surveiller. L'un que nous avons évoqué brièvement plus haut sera les décisions que prendra le nouveau management (même si la famille veille à ses intérêts), notamment en termes de croissance externe. Car, comme aimait à me le rappeler un chef d'entreprise, la confiance n'exclut pas le contrôle.

 

L'autre sera le durcissement de la concurrence, notamment avec l'arrivée d'acteurs en provenance de pays émergents. Ce n'est pas une concurrence à bas coûts qui est à craindre, tant les exigences technologiques et de qualité produits sont grandes dans ce métier. On sera par contre particulièrement vigilant aux transferts de technologies qui pourraient être engagés pour pénétrer certains marchés jusque là exclus du jeu de la libre concurrence. Un jeu auquel paticipe par exemple Alstom et qui nous semble dangereux à long terme.

 

Nonobstant ces deux réserves, la réputation et le savoir-faire de Faiveley devraient contenir la concurrence pendant assez longtemps encore et permettre de fait à l'actionnaire d'engranger des retours sur capitaux investis supérieurs à la moyenne.

 

Conclusion

 

Faiveley est le type d'entreprise que nous cherchons : un secteur peu glamour, un métier facile à comprendre, une position dominante sur une niche de marché, un actionnariat familial gage de vision à long terme et de prudence teintée d'audace, de faibles besoins en capitaux, un bilan sain, une rentabilité excellente, des perspectives à long terme favorables, le tout à un prix raisonnable.

 

Le prochain article traitant de la valeur s'attardera sur les aspects financiers et boursiers, comme à notre habitude.

 

A bientôt.

Publié dans Faiveley Transports

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