BIOMERIEUX

Publié le par Yann AUFFRET

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Née en 1963, cette société, dont le siège est situé à Marcy l'Etoile dans la région lyonnaise, évolue dans le secteur de la santé, et plus précisément dans le diagnostic in vitro. Elle conçoit et commercialise des automates, des logiciels et des consommables sous forme de réactifs. Ses produits équipent les hôpitaux et les laboratoires d'analyse principalement.

Le principe consiste à fournir aux clients les moyens de dépister, dans le domaine clinique, des pathologies infectieuses, et dans le domaine industriel, des pathologies liées à des micro-organismes potentiellement présents dans l'agro-alimentaire, la pharmacie ou les cosmétiques.

 

Le groupe est toujours géré par la famille fondatrice, ce qui est un gage de stabilité et de vision à long terme. De plus, avec une participation qui représente un peu moins de 60 % du capital, les Mérieux ont le contrôle de la destinée de l'entreprise.

Le management est très expérimenté et vient de gagner en compétences avec l'arrivée de Jean-Luc Bélingard, transfuge de chez Ipsen, laboratoire pharmaceutique familial dont il a orchestré l'introduction en bourse. M. Bélingard est en outre resté plus de 15 ans chez Roche, où il a notamment dirigé la division... diagnostic.

 

Le business model est on ne peut plus simple : le chiffre d'affaires est à 85% récurrent, assuré par la vente de réactifs pour les automates, le reste provenant de la vente... de nouveaux automates. C'est depuis des années un cercle vertueux de croissance qui est en marche.

 

La concurrence est par contre vive sur les tests les plus basiques. On y rencontre des Roche, des Siemens, des Abott et autres poids lourds de l'industrie. Mais la société est rusée et s'est positionnée sur des niches de marché à plus forte valeur ajoutée où la concurrence est bien moins présente. Cela lui permet d'imposer plus facilement ses prix, avec à la clé une augmentation de ses marges et de sa rentabilité.

De fait, bioMérieux est le plus souvent leader sur ses marchés, avec par exemple entre 35 et 40% de parts de marché au niveau mondial en microbiologie.

 

Par ailleurs, le dossier possède plusieurs atouts concurrentiels. Sa machine-phare Vidas est plus fiable que celles de ses compétiteurs. Ainsi peut-il s'écouler 8 à 10 fois plus de temps entre 2 pannes par rapport aux machines concurrentes. Le point mérite d'être souligné, car l'un des objectifs poursuivis par les labos d'analyse en investissant dans des automates est de précisément délivrer les résultats des tests dans les meilleurs délais.

On imagine facilement l'avantage que procure cette robustesse dans un pays comme la Chine, encore sous-équipé et où les distances sont longues à parcourir pour des équipes de maintenance encore peu nombreuses.

 

A ce sujet, un autre point fort du groupe est son réseau de distribution mondial qui lui assure une proximité avec ses clients enviable. BioMérieux a d'ailleurs lancé début 2011 une nouvelle offre de services à leur intention, ce qui ne va pas manquer de resserrer les liens et leur compliquer la tâche si d'aventure ils voulaient changer de fournisseur.

 

A ce sujet, c'est probablement l'existence de coûts de transfert dissuasifs qui explique pour une bonne part la position dominante de bioMérieux. En effet, les labos, une fois que les automates et leurs logiciels associés font partie intégrante de leurs process, rechignent à changer de partenaire. Il leur coûte plus cher de changer de produit (même avec un bénéfice technologique et/ou financier), car il faut perdre beaucoup de temps à former les équipes qui, pendant cette période, ne sont pas disponibles pour délivrer rapidement les précieux diagnostics. Sans compter le risque de pertes de données en passant d'une machine à une autre, le coût pour l'achat de nouveaux automates et la formation associée.

Aussi, en s'intégrant de la sorte dans le coeur de l'activité de ses clients, bioMérieux les rend par là-même captifs, ce qui lui permet d'asseoir sa domination et d'augmenter ses prix.

 

Seule l'apparition d'une technologie de rupture qui rendrait obsolète l'utilisation de réactifs dans les tests pourrait remettre en cause ce puissant et rentable modèle économique.

 

A bientôt.

 

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