BENETEAU

Publié le par Y

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Bénéteau est un fabricant de bateaux de plaisance, de mobile-homes et de maisons industrialisées à ossature bois. La société existe depuis 1884. Son siège est à St-Gilles-Croix-de-Vie en Vendée.

 

Voilà le type même d'entreprise que je recherche : une affaire simple à comprendre, qui domine son marché, présente un bilan vierge de dettes et une rentabilité satisfaisante.

 

Le management, appuyé par la 3è génération de la famille fondatrice, a fait preuve au cours des deux dernières décennies de stabilité et de talent, inspirant de fait une grande confiance à l'actionnaire. Il est de ceux qui annoncent ce qu'ils vont faire et font ce qu'ils ont annoncé. Peu de surprises à attendre de ce côté-là.

 

Pour autant, ces caractéristiques ont-elles suffi à faire de Bénéteau le leader mondial des voiliers, ainsi qu'un acteur majeur des bateaux à moteurs et des mobile-homes ? L'une d'elles seulement : la domination de son marché et de sa chaîne de valeur. En résumé, la succes story du groupe est due à un avantage concurrentiel. Ou plutôt deux.

D'abord des coûts de production inférieurs à ceux de ses concurrents. Cet atout permet à l'entreprise de proposer des bateaux moins chers, à taille et finitions équivalentes, que ceux de ses compétiteurs. De plus, les nouveaux produits doivent également être moins chers que les anciennes générations.

Ensuite, la société dispose d'un réseau de distribution puissant et étendu à travers le monde. La concurrence est là encore largement distancée.

Enfin, ne négligeons pas le pouvoir de la marque.

 

Ces différents caractères constituent ensemble une barrière à l'entrée qui peut maintenir la concurrence à distance durant de nombreuses années encore.

 

Domination de son marché, maîtrise de la chaîne de valeur, atouts concurrentiels, barrière à l'entrée : des concepts proches signifiant que l'investisseur peut dormir tranquille. Bénéteau jouit de perspectives à long terme favorables.

D'autant que la crise, qui a durement touché le secteur de la plaisance, a laminé la concurrence. De fait, l'entreprise sort renforcée de l'épreuve, en ayant accru ses parts de marché grâce à une trésorerie importante au bilan qui lui a permis, non seulement d'encaisser le choc, mais aussi d'investir pour le futur, tant en termes de produits que de capacités de production ou d'extension de son réseau.

Le plan 2015 en est la traduction. Il devrait permettre au groupe de changer de dimension (CA x 2) et d'améliorer la profitabilité, renforçant ainsi sa position dominante.

 

Un point, à surveiller, nuance toutefois le portrait. Je veux parler de la diversification dans l'habitat.

25 % du CA est réalisé dans la construction de mobile-homes où le groupe occupe une place de leader en Europe. Et après l'habitat de loisirs, les maisons industrialisées à ossature bois sont venues rejoindre la division habitat. A terme cette dernière devrait représenter une part de plus en plus importante dans l'activité globale.

On peut s'interroger sur la pertinence d'une telle diversification. Certes des synergies avec les bateaux existent : l'aménagement d'espaces réduits requiert dans les deux cas des savoir-faire communs.

Il n'en reste pas moins que le groupe occupe une position plus forte dans la chaîne de valeur du nautisme que dans celle de l'habitat, même en ne considérant que les mobile-homes où Bénéteau, à travers ses marques IRM et O'Hara, est puissant. Une focalisation dans la plaisance où le groupe dispose d'une rentabilité supérieure du fait de son positionnement dominant ne créerait-elle pas davantage de valeur ? Quel avantage concurrentiel possède l'entreprise dans les maisons à ossature bois face aux mastodontes du secteur qui vont se lancer dans un segment de marché en forte croissance ? On pense à Bouygues, Vinci, ou d'autres plus inattendus tel Ikea...

Certes le profil de risque s'en trouve réduit avec une deuxième activité, mais il faudra surveiller les développements de cette division habitat et s'assurer que la société n'y engloutisse pas des capitaux qui auraient pu sinon être alloués de manière différente et plus rentable pour l'actionnaire (concentration dans le bateau, augmentations du taux de distribution des dividendes, rachats puis annulation d'actions propres, etc.)

 

Cette présentation de l'entreprise et de son secteur d'activité touche à sa fin. Lors du prochain article, je vous parlerai des aspects financiers, du management, et de l'opportunité d'investir dans le titre.

 

A bientôt.

 

 

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