BENETEAU (2)

Publié le par Y.AUFFRET

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Après avoir évoqué Bénéteau, son marché et ses perspectives, je voudrais à présent parler de son management et de la gouvernance de l'entreprise au sens large.

 

En préambule je précise que je n'ai aucun lien privilégié avec la société. Mes convictions me viennent uniquement d'un suivi de tout ce qui touche de près ou de loin au groupe (articles de revues financières, coupures de presse régionale, internet, etc.), de la lecture des rapports annuels (à partir de l'exercice 2005-2006) et de la fréquentation des 4 dernières Assemblées Générales, puisque je suis actionnaire, le tout agrémenté de promenades sur les pontons...

 

De l'analyse de ces différents canaux médiatiques, je tire plusieurs enseignements.

L'équipe de direction est compétente, honnête, "impliquée" et a le souci de ses actionnaires. J'entends par là qu'avec presque 60 % du capital la famille du fondateur est toujours bien présente et concernée au premier chef par la bonne marche de l'entreprise, car cette dernière représente l'essentiel de son patrimoine. Cela crée une convergence d'intérêt avec l'actionnaire minoritaire.

 

Un autre point positif est celui qui concerne les stock-options. D'habitude je préfère quand il n'existe pas de plan de stock-options. Mais lorsqu'il y en a un, je vérifie qu'il n'est pas "disproportionné" et surtout que de nouvelles actions ne seront pas émises, comme c'est le cas chez Bénéteau.

Cela signifie que la société n'émet aucune nouvelle action (qui vient diluer votre part du capital, mais également votre part des bénéfices à venir) mais rachète ses propres actions, les met en réserve, et ensuite en distribue une partie sous forme de stock-options le cas échéant. Ainsi l'actionnaire de long terme n'est pas dilué. De sorte que le nombre d'actions composant le capital social n'a guère évolué depuis 2005 (mise à part une division du nominal par 5, sans incidence).

 

Mieux. A la dernière AG, il a été voté une réduction du capital par annulation de 5% du nombre des actions le composant.

Voilà un signal positif envoyé à l'investisseur et ce pour plusieurs raisons.

En premier lieu, mathématiquement, la part de chaque actionnaire vaut 5% de plus qu'avant.

En second lieu, la part de la famille est renforcée d'autant, ce qui est un vote de confiance de sa part concernant la société et ses perspectives.

En troisième lieu, comme on l'a évoqué plus haut, ces actions, à la place d'être annulées, auraient pu être distribuées sous forme de stock-options ou d'actions gratuites aux principaux dirigeants et cadres de l'entreprise. Au lieu de quoi, la direction a préféré faire un geste en direction de l'ensemble des actionnaires, petits et grands, dans un souci de création de valeur, c'est du moins ainsi que je l'interprète. N'oublions pas non plus que, mécaniquement, les bénéfices à venir vont être répartis entre un nombre plus petit d'action. Dit autrement, le bénéfice par action (BPA) va croître plus vite...

 

Autre point concernant le management : la communication.

Celle-ci est très transparente et ne cache pas les problèmes. La crise récente a pu en témoigner.

De plus, en période économique normale, les objectifs annoncés ont l'habitude d'être tenus. C'est même une marque de fabrique du management.

Bref on a peu de mauvaises surprises à craindre.

 

Enfin je terminerai en soulignant l'indépendance vis-à-vis de la pression exercée par le Marché, ce qui est une caractéristique que l'on retrouve souvent chez les affaires familiales. La vision de long terme est ici privilégiée. La meilleure illustration dans le cas présent en est donnée par l'abondante trésorerie inscrite au bilan du groupe depuis plusieurs années.

 

Depuis que je suis Bénéteau, le Marché s'est toujours interrogé sur l'intérêt de conserver ce trésor de guerre, par définition peu rentable pour l'actionnaire, représentant bon an mal an autour de 200 millions d'euros. Les analystes considéraient (peut-être le font-ils encore ?) que le groupe, en réalisant une opération de croissance externe d'envergure, emploierait mieux ses capitaux.

Aujourd'hui, comme je l'ai décrit lors du premier article, cette trésorerie conséquente est précisément ce qui a permis à Bénéteau de traverser la crise et de laisser la concurrence sur place, émergent du chaos plus puissant que jamais avec des projets de développement organique suffisamment ambitieux pour faire l'économie d'un ou plusieurs rachats de concurrents à terre.

Cette capacité à dire non au Marché, c'est-à-dire de refuser le diktat du consensus des analystes et de la tyrannie du court-termisme, est, pour un investisseur de long terme, encore synonyme de création de valeur et partant, gage de plus-values futures.

 

Ainsi s'achève ce rapide tour d'horizon du management de Bénéteau. J'aborderai finalement les questions financières et boursières lors d'un prochain article.

 

A bientôt.

 

Y.

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